Acquisition du langage…

Q: Je suis francophone, mon conjoint est anglophone et nous habitons une province où l’anglais prédomine. Nos enfants peuvent-ils avoir deux langues maternelles?
Presque un million de Canadiennes et de Canadiens francophones demeurent hors Québec. De plus en plus d’entre eux forment des couples et fondent des familles avec des partenaires dont l’héritage est autre que le français. Ces parents font face non seulement aux mêmes défis que tout couple canadien, mais aussi à divers enjeux reliés au fait qu’ils parlent des langues différentes. Les enfants issus de ces foyers peuvent développer deux langues maternelles si leurs parents créent les conditions nécessaires pour le faire.

Quelles sont les conditions nécessaires?
Pour les couples mixtes, le défi le plus important est d’aider leurs enfants à apprendre la langue minoritaire, c’est à-dire le français. Dans un milieu majoritairement anglophone, les enfants apprendront l’anglais tout simplement parce qu’ils en sont entourés. Afin de leur permettre d’apprendre le français également, il faut les exposer à cette langue le plus possible. La clé de la réussite, c’est de faire en sorte que le français devienne aussi naturel pour eux que l’anglais. Imaginez une balançoire à bascule sur laquelle se trouve un gros bloc à un bout. Ce poids représente l’influence qu’exerce la société anglaise environnante sur vos enfants. Pour équilibrer la balançoire, il faut ajouter un poids français équivalent à l’autre bout. Vous pouvez le faire en parlant le plus de français possible à la maison et en inscrivant vos enfants à une école francophone. En favorisant le développement de leurs habiletés langagières françaises, vous créez les conditions qui permettront à vos enfants d’acquérir et le français et l’anglais comme langues maternelles.

Quand est-ce qu’il faut commencer?
Ce n’est jamais trop tôt, même si vous n’avez pas encore d’enfants! Votre partenaire et vous, voulez-vous tous les deux que vos enfants apprennent le français et l’anglais (ou une autre langue)? Quelle importance attribuez vous à l’héritage culturel de chacun d’entre vous? Prenez le temps pour discuter de comment vous voulez élever vos enfants.

N’est-il pas confondant pour les enfants d’apprendre deux langues à la fois?
Si chaque parent parle sa langue maternelle aux enfants dès la naissance et de façon constante, l’apprentissage de deux langues devient un aspect normal de la vie. De plus, les habiletés qu’on développe quand on apprend à lire et à écrire s’appliquent au français, à l’anglais ou à n’importe quelle autre langue.

Pour les enfants provenant d’un foyer francophone-anglophone, le développement de leur double potentiel est le meilleur garant d’une identité saine et équilibrée. Ces enfants peuvent devenir membres à part entière des communautés francophone et anglophone s’ils ont la possibilité d’apprendre leurs deux langues maternelles dès la naissance.

 

Références

  • I’m with you! Exogamous families’ guide to the world of francophone education. Fédération des parents francophones de l’Alberta, 2002.
  • Libérer le potentiel caché de l’exogamie. Rodrigue Landry, Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques, pour la Commission nationale des parents francophones, 2003.
  • Rapport sur les besoins des familles exogames canadiennes. Glen Taylor, pour la Commission nationale des parents francophones, 2003.
  • Qu’est-ce que je veux pour mon enfant?/What do I want for my child?. Brochure créée par Canadian Parents for French (Alberta Branch), la Fédération des parents francophones de l’Alberta, Alberta Learning (Direction de l’éducation française) et l’Association canadienne française de l’Alberta, 2000.
  • Tu peux compter sur moi. Guide à l’intention du parent pour l’accompagnement de l’enfant dans son éducation en langue française (version pancanadienne). Fédération nationale des conseillères et conseillers scolaires francophones, 2003.

Autres ressources

Étude importante sur les couples mixtes au Canada : cliquez ici
Rapport sur leurs besoins particuliers : cliquez ici

Source : Parents.comme/nous – Le 30 mars 2007 Numéro 19