Grandir en français: réalité ou utopie? Conférence de presse conjointe avec la FCFA et la FJCF sur les services à la petite enfance

Commission nationale des parents francophones

Notes pour une présentation de la présidente Colleen Soltermann sur les services destinés à la petite enfance dans les communautés francophones en milieu minoritaire Conférence de presse conjointe avec la FCFA du Canada Le 17 janvier 2001 Bonjour, La FCFA m’a demandé de donner des exemples du manque de services et de leur effet sur les enfants. En voici quelques-uns… 1- Un ministère de services à la famille annonce l’octroi d’une licence et du financement nécessaire pour l’ouverture d’une garderie publique dans une nouvelle école française dans une communauté reconnue comme francophone; deux comités sont créés, l’un anglophone et l’autre francophone, et s’incorporent en bonne et due forme, suivant les règles du jeu; après plusieurs mois de travail, les demandes sont faites; le résultat: la province accorde la garderie au groupe anglophone; la raison en est simple: il faut accommoder la clientèle des deux langues officielles et la demande du groupe anglophone était inclusive; la garderie a tenté sans succès de fonctionner dans les deux langues; et les parents francophones se sont réorganisés pour s’accommoder de services de garde familiale (et non subventionnés)… Les conséquences: une garderie anglophone dans une école française, la privant de son statut d’école homogène, la privant d’une opportunité de promotion et de recrutement; pour les parents, le sens d’être des citoyens de 2e classe, que leur demande n’est pas légitime, que le français est une langue du foyer et non d’institution. La solution: que la province offre une licence et le financement d’une garderie pour chaque communauté de langue officielle dans les milieux où les deux programmes scolaires existent. 2- Un enfant de cinq ans se présente à la maternelle de l’école française; au bout d’un temps, on remarque qu’il ne progresse pas comme les autres; comme l’école française n’a pas les ressources pour se payer des spécialistes francophones, les parents font appel aux services de santé; après une évaluation (en anglais), on conclut qu’il souffre de dyslexie et qu’il serait plus facile pour lui de fonctionner dans une seule langue; les parents l’inscrivent donc à l’école anglaise, où il bénéficie d’un appui professionnel qui n’était pas disponible à l’école française… Les conséquences: cet enfant de langue maternelle française reçoit son instruction dans sa langue seconde; comme il est scolarisé dans un milieu anglophone, sa vie sociale se déroule en anglais, et il finit par faire toutes ses études en anglais. La solution: sur la base de l’égalité des chances pour tous, le gouvernement pourrait fournir aux conseils scolaires francophones les ressources nécessaires pour l’embauche de spécialistes francophones qui sont en mesure de tenir compte de la situation spéciale des élèves francophones. Si des services professionnels étaient disponibles à l’école, cet enfant aurait pu continuer ses études en français et demeurer bilingue. 3- Un jeune couple attend un enfant et décident de suivre une formation de préparation à l’accouchement; comme ils ne sont pas informés de l’offre de ce service en français, ils s’inscrivent dans un programme destiné à la majorité; ce faisant, ils prennent conscience de tout un réseau de services de santé, auxquels ils vont continuer à faire appel après l’accouchement de leur enfant; ils élèvent donc leur enfant à partir de ressources élaborées en anglais et finissent par l’inscrire dans les meilleurs services de garde disponibles en anglais… Les conséquences: il n’y a pas de demande pour les services du genre en français et les gouvernements les offrent à contre-cœur ou finissent par les abandonner; l’enfant sera finalement inscrit à l’école anglaise parce qu’il aura été socialisé dans cette langue. La solution: la disponibilité de services en français par les ministères et l’offre active de ces services au grand public, entre autres, par le biais du réseau de parents francophones. 4- Les conjoints d’un couple inter-culturel n’arrivent pas à s’entendre sur le choix d’une école: française, anglaise ou immersion; en fin de compte, il est décidé d’envoyer l’enfant à l’école française, mais le conjoint anglophone a cédé avec de profondes réserves; l’expérience confirme ses craintes: il ne comprend pas ce qui se passe à l’école et il se sent de plus en plus exclu du processus d’éducation; l’enfant est sensible à la tension entre ses parents et il refuse de parler français à la maison, de peur d’attiser le conflit; il ne réussit pas à l’école et on finit par choisir l’école anglaise pour rétablir la paix… Les conséquences: cet enfant est privé de l’opportunité de poursuivre ses études en français et de devenir bilingue; et le foyer perd une dimension fondamentale de son identité. La solution: offrir, par le biais du réseau de parents francophones, un programme de sensibilisation et de soutien aux couples inter-culturels pour les aider à créer un milieu et un climat favorables à l’apprentissage des deux langues officielles. Permettez-moi de présenter, en conclusion, les valeurs qui guident la CNPF dans son action auprès des familles. l’égalité des communautés de langue officielle; l’égalité des chances dans la société canadienne pour tous les enfants; l’offre active de services de santé et d’éducation dans la langue officielle de son choix; en vue de l’égalité des communautés de langue officielle, la nécessité d’un traitement différent (adapté aux besoins et aux priorités définis par les communautés) qui peut engendrer des coûts supplémentaires; la construction de communautés francophones viables et durables (exemptes autant que possible de décrochage, d’exode, d’abus de substances, de suicide, de violence, de racisme, de sexisme, d’assimilation linguistique, ainsi que de pauvreté matérielle, culturelle et spirituelle); la priorité aux investissements précoces (auprès de la petite enfance) en matière de santé et d’éducation; la pleine participation des organismes de parents francophones de chaques province et territoire dans la conception et la livraison de services destinés aux familles francophones en milieu minoritaire. La mission de la CNPF est d’appuyer ses membres dans les provinces et territoires dans la création d’un milieu familial, éducatif et communautaire favorisant le plein épanouissement des familles francophones du Canada. Le mandat de la CNPF est de fournir à ses membres de l’information et de la formation, ainsi que le développement et le partage d’outils d’intervention. Les principaux champs d’activités de la CNPF sont les domaines politique et juridique, le développement des compétences parentales, la francisation familiale, l’aménagement linguistique et culturel au foyer, ainsi que le développement de ressources (santé et éducation) à la petite enfance. Ce que la CNPF veut contribuer au Plan d’action national pour les enfants (PANE) est le développement et le partage d’outils d’intervention répondant spécifiquement aux besoins des familles francophones en milieu minoritaire partout au Canada. La CNPF veut retirer du PANE les ressources nécessaires pour poursuivre avec ses membres le développement de ces outils de travail sur une plus grande échelle. Les membres de la CNPF ont développé au fil des ans des ressources et des expertises dans ce domaine où ils ont été, jusqu’à présent, à peu près les seuls à oeuvrer. Les organismes de parents dans les provinces et territoires s’attendent à participer pleinement, comme partenaires des gouvernements, à la conception et la livraison des services destinés aux familles francophones.

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