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Le blogue des parents francophones
lundi 29 octobre 2012
Votre intention est de vivre plus souvent en français dans votre famille exogame*? Si votre famille n’a pas l’habitude de vivre en français, apprivoisez le français en douceur.
Il est naturel quand on veut initier une nouvelle routine ou une nouvelle habitude de rencontrer de la résistance. Commencez à l’endroit où vos chances de réussite sont les meilleures. Si l’enfant aime l’heure du bain, apportez un nouveau jouet de bain et jouez uniquement en français avec ce nouveau jouet. Ex. « Thérèse la tortue plonge dans l’eau et elle mange ton orteil, elle mange ton autre orteil et ton autre orteil.» Quand vous jouez, utilisez souvent le singulier pour que l’enfant apprenne le “un” ou le “une” et non seulement “les orteils.” Thérèse peut manger un doigt, un genou, un dos et sauter sur ta tête! Ajoutez du français aux activités qui ont de l’importance pour votre enfant. Aime-t-il les dinosaures, les blocs? Aime-t-elle les chevaux, les casse-têtes?
Si l’enfant adore les livres avant d’aller se coucher, ajoutez un nouveau livre avec une histoire bien illustrée en français et lisez-la avec beaucoup d’expression. Ne traduisez pas. Si l’enfant demande une question, dites oui ou non et montrez avec des gestes ou montrez l’image. Votre enfant est intelligent. S’il sait que vous allez traduire, il va attendre plutôt que de faire l’effort de comprendre. Mieux vaut faire une activité plus courte en français que d’en faire une plus longue dans les deux langues.
Associez le français aux activités de tous les jours. Chantez une petite chanson en bouclant la ceinture de sécurité : « oui, j’attache ta ceinture, oui, j’attache ta ceinture! Vroum, vroum, vroum! On s’en va au magasin, on s’en va au magasin! (On s’en va à la garderie! On s’en va chez grandmaman!) »
On peut répéter les choses en chanson plus souvent qu’on peut les dire en paroles : « je mets une fourchette, je mets une assiette, oh, oh, oh, je mets un couteau! » Les enfants aiment les rimes, alors même si vous n’êtes pas poète, faites des ih, ih, ih, le céleri! Si l’enfant vous aide, insérez le nom de l’enfant : « Natalie met une assiette, tu mets une assiette, Maman met une fourchette, je mets une fourchette...».
Les enfants aiment entendre leur nom dans une chanson ou dans une histoire. Changez le nom de Loubilou le lapin pour Luc le lapin afin de capter l’attention de votre enfant. Si vous chantez une chanson traditionnelle, genre «Bonhomme, bonhomme», chantez : « Cody, Cody, sais-tu jouer, Cody, Cody, sais-tu jouer, sais-tu jouer ce tambour-là? Boum, boum, boum, ce tambour-là! » Faites le boum, boum, boum sur le ventre de l’enfant.
Pour apprendre aisément et efficacement, l’enfant doit se sentir en sécurité physique et émotionnelle. Pour certains enfants, leur demander de répéter ce qu’ils ont appris devant grandmaman peut être menaçant. Il ne faut pas que l’apprentissage de la langue ait comme but de devenir un spectacle. L’enfant ne doit jamais avoir l’impression qu’il y a un test à passer ou qu’il y a une « date limite » pour son apprentissage. Le parent qui met trop de pression sur son enfant aura des résultats contraires à ses attentes.
N’exigez pas que votre enfant répète tout ce que vous dites. Certains enfants vont le faire plus spontanément que d’autres. Certains enfants font le processus de façon interne. C’est le parent qui doit répéter souvent et non l’enfant. Quand le parent sait que l’enfant connaît l’expression et l’a déjà utilisé souvent, il peut faire semblant de ne pas comprendre, « Pardon? » ou jouer au jeu de se tromper. L’enfant dit : « I want a cookie! » Le parent peut répondre en lui donnant une pomme : «Ah, tu veux une pomme!» L’enfant rouspète : « No, I want a cookie! » Le parent suggère : « Ah, tu veux un _______»? L’enfant va insérer le mot.
Pour éviter de jouer à la police du français, ayez de petits signaux secrets entre vous pour rappeler à l’enfant de vous répondre en français. Ex. tirer sur votre oreille, siffler un petit air comique, faire un pied de nez (le pouce sur votre nez et bouger les doigts).
Rappelez-vous aussi de féliciter et de célébrer les progrès de votre famille. Vous pourriez avoir un système où vous mettez un collant sur un calendrier pour montrer qu’on a parlé français aujourd’hui.
Plus vous intégrerez l’apprentissage du français à travers le jeu et la routine, plus il deviendra naturel, pour toute la famille, de vivre harmonieusement la culture francophone et de développer le plaisir de s’exprimer en français chez vous.
* Selon le dictionnaire, « exogamie » signifie : « les mariages entre membres de clans différents ». Dans cet article, nous utilisons le terme pour parler des «clans» francophone et anglophone.
Janine Tougas a été conseillère et comédienne dans le film Mon amour, My Love, tourné par l'ONF sur les familles exogames. Elle est co-auteure de Paul et Suzanne - un modèle de francisation et scénariste de la série télévisée pour enfants Paul et Suzanne. Janine travaille dans le domaine de la francisation avec les parents et les éducateurs partout au Canada depuis 15 ans. Elle détient une maîtrise en beaux arts de Connecticut College et une maîtrise en éducation du Collège de Saint-Boniface.
Source : Parents.comme/nous - Le 27 octobre 2005 Numéro 6
jeudi 18 octobre 2012
Par Suzanne Dionne-Coster et Mariette Rainville
Ce que papa et maman peuvent faire pour aider au développement de ma personnalité…
Discipline - renforcements positifs
- M’aider à me discipliner, à me fixer des buts simples et réalistes.
- Me présenter des jeux me permettant d’interagir avec d’autres enfants.
- Être constant avec moi. Lorsque mon comportement n’est pas approprié, il faut me le dire immédiatement et clairement et appliquer les règles pré établies.
- Être flexible avec moi. Eh oui ! Il est possible d’être constant et flexible en même temps.
- Éviter de me donner des tapes ou des fessées, je suis capable de comprendre et d’apprendre autrement que par des punitions corporelles. Quand on me tape les doigts, la tête, les fesses, je comprends alors qu’il est ok de faire mal aux autres ; cela contredit vos paroles : « il ne faut jamais faire de mal aux autres ! »
- Associer vos demandes à des activités agréables : « C’est le temps de partir ! On va pouvoir aller au magasin ».
- Me rappeler souvent et clairement ce que vous attendez de moi : « Au restaurant, il faut parler à voix basse, manger avec ses ustensiles, et dire merci et s’il vous plaît ! Je suis certaine que tu es capable de bien faire cela ! »
- Pour éviter des mots qui me blessent lorsque vous êtes fâchés ou contrariés, utiliser le « je » au lieu du « tu » pour vous adresser à moi. Par exemple, au lieu de dire : tu n’es pas gentil aujourd’hui» dire plutôt : je n’aime pas ça quand …parce que… . Pour refléter un sentiment que j’éprouve, utiliser encore le «je » « je vois que tu es triste ce matin. Qu’est-ce qui se passe mon trésor ? »
- Utiliser le temps d’arrêt pour mettre fin à un conflit: retirez-moi de la situation conflictuelle. Ce temps d’arrêt peut durer quelques secondes, et être de plus longue durée si je suis âgé entre 4 à 6 ans.
- Dans une même journée, faites le calcul : les paroles positives d’un côté (mots d’encouragement, félicitations, caresses, sourires…), et les paroles négatives de l’autre (arrête de… tu n’as pas… ce n’est pas gentil, je ne suis pas contente, tu n’es pas gentil, je te trouve méchant…). De quel côté la balance penche-t elle ? S’il vous plaît, miser sur les paroles positives. C’est ce qui fonctionne le mieux avec moi à long terme et ce qui «m’élève», au lieu de me rabaisser.
Estime de soi
- Me présenter des activités à ma mesure. J’aime vivre des succès ; si c’est trop difficile, je vais me décourager et si c’est trop facile, je vais m’ennuyer.
- Souligner mes réussites : j’aime les collants, les sorties spéciales, mais j’aime autant les caresses, les sourires, et cette lueur dans vos yeux qui me dit que je suis un enfant aimé !
Développement social
- J’aime parfois jouer avec des enfants plus jeunes ou plus âgés que moi –avec des enfants plus jeunes, je suis la grande fille ou le grand garçon – alors qu’avec les enfants plus âgés, cela me permet de voir ce que je pourrai faire très bientôt !
- M’encourager à partager et à coopérer dans la vie de tous les jours ; me démontrer comment le faire : « Regarde, je travaille avec papa pour faire le ménage de la maison. Ensemble, c’est beaucoup plus facile et amusant !»
Autonomie, responsabilité
- M’assigner des tâches ou des responsabilités simples, même si je ne les exécute pas parfaitement ! Par exemple, je peux mettre la table, ramasser les jouets et les ranger, vous aider à faire le ménage, répondre au téléphone.
- Me proposer des choix : « Veux-tu porter ton pantalon rouge ou bleu aujourd’hui ?». J’aime bien sentir que je suis de plus en plus autonome et capable de faire des choix.
Un quotidien agréable pour tous
- M’avertir à l’avance avant d’interrompre une activité favorite. «Dans cinq minutes, nous devons ranger les jouets ! »
- Faire preuve d’indulgence lorsque je vis des situations de stress: divorce, déménagement, maladie, naissance d’un frère ou d’une soeur. Laissez-moi le temps pour m’adapter aux changements.
- Me faire des suggestions plutôt que de m’imposer des choses: le ton de votre voix, vos gestes et vos actions font toute la différence pour moi !
Source : Parents.comme/nous - Le 27 octobre 2005 Numéro 6
lundi 15 octobre 2012
Par Suzanne Dionne-Coster et Mariette Rainville
Testez vos connaissances à propos du développement de la personnalité du jeune enfant.
Une erreur s’est glissée. Pouvez-vous la trouver ?
Je m’appelle Jason et j’ai 3 ans:
1. Je suis de plus en plus maître de moi. Je suis capable de démontrer de la souplesse, de faire des réflexions plus poussées, et même de commencer à être capable d’attendre, pour de courts laps de temps, bien sûr !
Je m’appelle Ariane et j’ai 5 ans:
2. Je suis plutôt égocentrique et j’aime qu’on me donne de l’attention, mais je commence à pouvoir me mettre dans la peau des autres. Il m’arrive de défier l’autorité (papa, maman, l’éducatrice) mais j’apprends à contrôler mon comportement.
3. Je commence à démontrer un but et de la persistance lorsque j’accomplis une tâche.
4. J’apprends à partager, à coopérer et à jouer en groupe.
5. Je suis capable de manifester des sentiments de sympathie, de générosité et de conscience de l’autre.
6. J’ai besoin de l'appui et de l'approbation des personnes qui m’entourent pour m’aider à mieux m'adapter aux nouvelles situations.
7. Je me fais davantage des amis de mon âge et ces amitiés sont de longue durée.
Réponse = # 7
Les amitiés de l’enfant de 4 et 5 ans sont souvent de courte durée et changent fréquemment.
Source : Parents.comme/nous - Le 27 octobre 2005 Numéro 6
jeudi 16 juin 2011
Par Janine Tougas
Le lien entre le parent et l’enfant est le premier facteur qui contribue au sens d’identité chez l’enfant. Quand le parent associe à la langue française ce qui est important, intéressant et sécurisant pour l’enfant, il aide son enfant à développer un sens d’appartenance et d’identification personnelle à cette langue et à cette culture.
Identifiez les forces, les aptitudes et les intérêts de vos enfants. Faire des activités en français avec eux les aidera à apprendre la langue plus facilement et associera cette langue à leur identité.
Est-ce que je reconnais les forces de mon enfant?
L’enfant qui aime socialiser
- Mon enfant aime être avec les autres – il se fait facilement des amis et est sensible aux sentiments des autres.
- Mon enfant aime initier des jeux dont elle est le chef.
- Mon enfant aime enseigner ce qu’elle sait à d’autres et diriger des projets.
- Mon enfant va d’abord chercher l’opinion d’un autre plutôt que de se fier à son idée.
L’enfant qui aime les mots
- Mon enfant aime les jeux qui font parler.
- Mon enfant aime rapporter des histoires ou des conversations qu’elle a entendues.
- Mon enfant aime se faire raconter et raconter des histoires.
L’enfant qui aime la musique
- Mon enfant aime chanter, apprend facilement une nouvelle chanson et connaît beaucoup de chansons.
- Mon enfant a un bon sens du rythme et trouve beaucoup d’occasions pour tapoter et turluter.
- Mon enfant imite souvent des sons non-verbaux quand il parle. Il imite des bruits de machines ou fait des sons pour indiquer la vitesse et l’excitation.
L’enfant qui aime visualiser
- Mon enfant est attentif aux couleurs. Il aime dessiner, griffonner et faire de la peinture.
- Mon enfant a un bon sens d’orientation. Elle se retrouve bien dans son environnement.
- Mon enfant aime savoir comment les choses sont construites. Il aime assembler et démanteler les choses.
L’enfant qui aime bouger
- Mon enfant a besoin de manipuler des choses concrètes pour bien apprendre.
- Mon enfant aime prendre des risques physiques. Il est courageux là où d’autres enfants auraient peut-être peur.
- Mon enfant aime travailler avec ses mains.
L’enfant qui aime l’introspection
- Mon enfant a des projets et des passe-temps particuliers qui l’absorbent.
- Mon enfant cherche à se connaître mieux, bien que généralement elle semble connaître ses forces, ses faiblesses, ses intérêts, ses limites.
L’enfant qui aime la logique et les mathématiques
- Mon enfant aime savoir ce qui va arriver si on fait telle ou telle chose : des expériences de cause et effet.
- Mon enfant aime les activités où on mesure les choses de façon précise.
- Mon enfant croit que tout devrait avoir une explication logique. Il demande souvent « pourquoi? »
L’enfant qui aime la nature
- Mon enfant aime être dehors et faire des randonnées dans la nature.
- Mon enfant s’émerveille souvent devant les plantes et les animaux.
- Mon enfant aime les renseignements au sujet des animaux.
- Mon enfant aime les animaux et les animaux semblent l’aimer.
*Références :
- Paul et Suzanne — un modèle de francisation, L. Maurice, J. Tougas, Apprentissage Illimité Inc. MB.,1996
- Frames of Mind (1983) et Multiple Intelligences (1993), Howard Gardner, Basic Books, Harper Collins Publishers, N.Y.
Source : Bonjour! Helping bilingual families feel at home in French / Volume 1 Numéro 5
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