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Le blogue des parents francophones
jeudi 28 juin 2012
Par Marie Charbonniaud
Le respect, selon le dictionnaire, est «un sentiment qui porte à traiter quelqu’un ou quelque chose avec de grands égards et à ne pas porter atteinte à qui ou à quoi que ce soit». Il peut s’appliquer à soi, aux autres ou aux jouets, à la nourriture, ou encore aux «différences» des autres. Cela consiste à faire comprendre à votre tout-petit que le monde ne tourne pas tout entier autour de lui, et que les besoins et les désirs des autres doivent parfois passer en premier !
Dans le petit groupe de Caroline Roch, éducatrice au Centre de la petite enfance Soleil du quartier à Montréal, cela veut dire faire attention aux livres, ou ne pas monter sur les tables. «Je leur explique qu’un livre, c’est précieux et que ce n’est pas fait pour être lancé. Un livre, cela se regarde assis ; c’est une activité calme. Le ballon est le seul jouet qui peut être lancé. Même s’ils n’ont que 18 mois, ils le comprennent », explique-t-elle.
À partir de quand?
Cela commence très tôt ! Lorsqu’un bébé de cinq mois mord le sein de sa mère, il se fait déjà dire : «Non, tu ne dois pas faire ça.» À travers cette règle de l’allaitement, il apprend déjà le respect de l’autre. Dès l’âge de deux ans, les enfants apprennent à faire la queue à la glissade en respectant le tour des autres. Ils veulent déjà montrer à leurs camarades qu’ils respectent les règles du jeu.
Mais jusqu’à quatre ans, ils le font surtout pour nous faire plaisir, car le respect est encore une valeur très abstraite pour eux.
«Avant quatre ans, le respect entre en conflit avec la phase du “non”, une phase d’affirmation de soi où les enfants poussent, frappent, mordent, parlent fort, exagèrent leur colère, etc. C’est une étape normale et importante, qu’on a souvent appelé la petite adolescence : l’enfant prend conscience de ses pouvoirs et veut avoir le contrôle sur l’univers au complet. Mais à partir du moment où il maîtrise mieux le langage, son agressivité baisse d’elle-même », explique Monique Laprise.
Comment l’y aider?
Respecter vous-même votre enfant, en lui demandant qu’il fasse de même. Cela signifie de le traiter comme une personne, équitablement et sans crier, avec un « s’il te plaît » et un «merci»!
Partir de l’expérience de votre enfant, pour que cette valeur devienne moins abstraite. Par exemple, il ne sert à rien de dire à un enfant de deux ou trois ans : «Aimerais-tu te faire lancer du sable dans les yeux ? Aimerais-tu te faire arracher un jouet ?» «Bien sûr, il va répondre non parce que vous avez l’air en colère, mais il ne comprendra pas vraiment le sens», affirme Monique Laprise. Mieux vaut partir de ce qu’il connaît : «Te rappelles-tu hier, ou ce matin, tu es tombé, ça faisait mal, je t’ai mis un diachylon… Et bien, c’est la même chose quand tu pousses ton copain.» Ça, il s’en rappellera. «Partez toujours de son expérience à lui pour l’amener vers les autres, car il n’est pas capable de décentrer son point de vue et de se mettre à la place de l’autre avant l’âge de quatre ans environ », explique Monique Laprise.
Pour qu’il apprenne à respecter les objets des autres, lui apprendre à respecter les siens. Oui, c’est bien qu’il range son manteau dans son armoire et non, il ne peut pas arracher la tête de sa Barbie ! En lui rappelant la valeur des objets, vous lui ferez comprendre qu’il faut prendre soin de son environnement. Le maintien de l’ordre dans sa chambre sera une suite logique de ce respect des choses. Pour l’inciter à ranger, expliquez-lui que s’il veut retrouver son dinosaure demain, il a tout intérêt à le ranger dans la bonne boîte, toujours au même endroit.
Le laisser s’approprier un toutou favori, que personne ne peut lui confisquer ni utiliser à sa place. C’est une manière simple de l’aider à respecter les possessions d’autrui et cela l’aidera à comprendre pourquoi certains objets méritent un traitement spécial. Lui dire : «De la même façon que tu ne veux pas qu’on joue avec ton toutou, grand-maman ne veut pas que tu sautes sur sa vieille chaise berçante. »
lundi 25 juin 2012
Par Marie Charbonniaud
- Les parents sont toujours les mieux placés pour élaborer un « plan d’action» à la suite d’une séparation. Pour cela, ils peuvent se faire aider (voir ressources) ou recourir à un médiateur. Les plans imposés sont à éviter.
- Pour l’enfant, les visites doivent être régulières et prévisibles. Rien n’est plus perturbant que l’apparition inattendue d’un parent, suivie d’une disparition complète, sans aucun repère de temps jusqu’à la prochaine visite ! «Pour cela, on peut faire un calendrier où l’on inscrit les visites ou les dodos en couleurs. Par exemple : en rose avec maman et en bleu avec papa», suggère Élise-Mercier Gouin.
- Plus ses habitudes de vie sont maintenues, mieux l’enfant traverse la crise. Il est préférable d’éviter un déménagement de quartier, un changement d’école et d’amis, et de maintenir les mêmes routines dans les deux maisons.
- Maintenir les liens avec la famille de l’enfant : visites aux grands-parents maternels, paternels, à la famille élargie... Ils font aussi partie de ses repères !
- S’il y a un nouveau conjoint dans la vie du parent, préparer l’enfant à cette situation et le mettre progressivement en contact avec cette personne. «La clé de la réussite est de garder des moments privilégiés, seul à seul, avec son enfant. Lorsqu’un enfant intègre une famille recomposée, il cherche toujours ses repères et ces moments seul à seul vont le rassurer», explique Élise-Mercier Gouin.
Y a-t-il un mode de garde idéal?
La psychologue Élise-Mercier Gouin, qui offre des ateliers sur la coparentalité au Centre jeunesse de Montréal, se fait souvent poser la question.
«Bien sûr, plus le partage du temps est égal, mieux c’est pour l’enfant, car il a besoin d’aimer ses deux parents et se construit à partir des deux. Mais tous les modèles se valent : trois jours chacun, une semaine chacun, ou la semaine pour l’un et la fin de semaine pour l’autre. L’important est de ne pas oublier que, plus l’enfant est jeune, plus les intervalles doivent être courts : les bébés ont la mémoire courte», explique la psychologue.
Plus l’enfant est jeune, plus la garde est «inégalitaire». Il faut alors faire attention à ne pas laisser un parent de côté. «Les études démontrent que, lorsque l’enfant est jeune, le risque que le parent “non gardien” s’éloigne est plus grand», rappelle Richard Cloutier. Tous les parents qui se séparent doivent donc se projeter dans l’avenir. «Il faut se demander comment s’organiser pour que, dans dix ans, notre enfant ait encore une relation forte avec chacun d’entre nous», conseille-t-il.
jeudi 21 juin 2012
Par Suzanne Dionne-Coster et Mariette Rainville
Apprendre à lire et à écrire, c’est toute une aventure, qui débute très tôt, bien avant mon entrée à l’école. On appelle cette période importante l’émergence de l’écrit. Il se passe bien des choses avant que je sois capable de lire et d’écrire de façon autonome. À la maison vous m’aidez déjà beaucoup. Pour m’aider davantage, voici une foule de choses que vous pouvez faire.
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Aptitudes verbales
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Me parler, parce que la qualité de mon langage parlé est intimement liée à la réussite de mon apprentissage de l’écriture et de la lecture. Vous pouvez aussi discuter avec moi à propos d’un événement qui s’est passé antérieurement (langage décontextualisé), par exemple, notre visite d’un zoo hier, en après0midi. Pour faire cela, je dois faire un effort supplémentaire, et parler de quelque chose qui n’est pas concrètement devant moi. C’est difficile, mais cela exerce mon cerveau !
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Sons de la langue
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Quand j’apprends à discerner les sons, je développe ma conscience phonologique. Pour faire cela, vous pouvez chanter avec moi, faire des jeux de devinette avec des rimes (« Qu’est-ce qui rime avec frisette ? »), m’inciter à réciter et inventer des comptines, écouter des chansons en français avec moi, me demander de trouver des mots qui commencent par la première lettre de mon nom ou qui terminent par le même son que mon nom…(c’est ce qu’on appelle des jeux d’allitération)
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Connaissance des lettres de l’alphabet
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Je peux faire les lettres de l’alphabet en pâte à modeler, avec des cure-pipes, en faisant du découpage et du collage, de la peinture. Vous pouvez aussi m’aider à reconnaître les lettres dans mon environnement (affiches, enseignes, dépliants, panneaux de circulation…) et me montrer comment écrire mon nom et le nom des personnes que j’aime.
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À quoi sert l’écrit ?
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Me parler quotidiennement de combien l’écrit est utile pour vous: « Regarde, l’annuaire téléphonique me permet de trouver le numéro de téléphone de ton ami Pierre. », « Regardons dans ce dépliant pour voir à quelle heure est ton activité préférée. », « Allons chercher un livre à la bibliothèque pour répondre à tes questions concernant les oiseaux. »
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Comment lire et écrire ?
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Assurez-vous de lire et d’écrire souvent devant moi. Porter alors mon attention sur comment vous vous y prenez : « J’écris de gauche à droite ; je laisse un espace entre les mots ; je place une lettre majuscule au début de la phrase ; j’écris une note pour me permettre de me souvenir de quelque chose ; j’écris pour laisser un message à papa ; je lis pour savoir comment faire le gâteau ; je lis pour apprendre quelque chose de nouveau ; je lis parce que j’adore les histoires…»
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Ce que vous pouvez me dire lorsque vous me faites la lecture…
Avant d’apprendre à lire et écrire de façon autonome, j’ai besoin de bien comprendre que:
- Le message est transmis par le texte et non par les images.
- Les images nous aident à mieux comprendre le texte.
Me montrer ou est situé le texte dans les pages du livre. Me lire le texte en suivant les mots du doigt. M’expliquer que c’est le texte qui donne un message et que les images nous aident à comprendre ce que nous lisons.
- L’écrit se lit dans une certaine direction – le français se lit de gauche à droite et de haut en bas.
Me faire remarquer l’endroit où l’on commence à lire dans un livre. Pour les prochaines pages, me demander : « Où doit-on commencer à lire ? » Au bout de chaque ligne, me faire remarquer comment vous faites un retour à la prochaine ligne.
- Le langage peut se traduire en mots écrits que les gens peuvent lire.
Quand vous recevez des lettres par la poste, m’expliquer comment c’est formidable de pouvoir les lire ! Par exemple, en recevant une carte de souhait de grand-maman, nous pouvons savoir qu’elle nous aime beaucoup, même s’il elle n’est pas avec nous pour nous le dire en personne.
- Les suites de lettres forment des mots et les suites de mots représentent des idées.
Mon nom est composé de plusieurs lettres et de plusieurs mots. Me montrer comment écrire les lettres de mon nom. Me faire remarquer qu’il y a de l’écrit partout autour de moi, et que dans les messages il y a des mots, et des suites de mots qu’on appelle des phrases. M’expliquer que les paroles, les chansons et les idées peuvent être écrites.
Mme Suzanne Dionne Coster à plus de 17 ans d’expérience dans le domaine de l’éducation: expérience d’enseignement aux niveaux préscolaire, élémentaire et intermédiaire (arts plastiques, développement humain, géographie), secondaires (arts plastiques) et universitaire (enseignement de l’art, pédagogie pour l’immersion); expérience comme conceptrice de programmes (ministères de l’Éducation du N.-B. et de l’Alberta – programmes de maternelle et d’arts plastiques; Fédération canadienne pour l’alphabétisation en français – Manuel de formation).
Mme Mariette Rainville à plus de seize (16) années d’expérience en développement communautaire en milieu minoritaire francophone. Plus spécifiquement dans les secteurs de l’éducation et formation (préscolaire, scolaire et postsecondaire), de la santé et des services sociaux, de l’intégration communautaire, de l’alphabétisation familiale et du développement des ressources humaines. Ces années d’expérience englobent la gestion des bénévoles et du personnel, la gestion des finances et la gestion et la livraison de ressources, programmes et services communautaires.
Source : Parents.comme/nous - Le 30 juin 2005 Numéro 4
lundi 18 juin 2012
Par Marie Charbonniaud
À l'heure où plus d'un enfant sur cinq présente un excès de poids (23 %, selon les données de 2004), difficile de ne pas s'inquiéter à la vue du moindre bourrelet chez nos tout-petits. Rassurez-vous : le surpoids n'est pas une fatalité et vous avez tous les outils entre vos mains, tant que votre enfant est jeune, pour l'aider à retrouver un poids santé. Comment vous y prendre ?
Confirmer vos impressions. En principe, un enfant doit être pesé et mesuré chaque année. Mais en pratique, nous sommes nombreux à oublier les visites entre 18 mois et 4 ans, soit à l'âge des deux derniers vaccins de nos tout-petits. La pédiatre Véronique A. Pelletier, rattachée à la clinique de nutrition du CHU Sainte-Justine, s'en inquiète un peu. «Malheureusement, lorsque les enfants arrivent à notre clinique, ils sont déjà obèses. Cela signifie qu'ils n'ont pas eu accès à un service de première ligne adapté, où ils auraient pu être conseillés avant.» Que l'on soit inquiet ou non, mieux vaut respecter les rendez-vous : ceux prévus à deux, quatre, six et parfois neuf mois, puis chaque année à partir de un an.
Lui offrir des aliments de qualité, sans se soucier de la quantité. Plutôt que d'imposer un régime restrictif – qui peut amplifier le problème plutôt que de le résoudre – revoir tranquillement les habitudes de vie et d'alimentation de la famille, en misant sur la qualité. «Le parent doit choisir la qualité de la nourriture, l'heure et le lieu du repas, tandis que l'enfant détermine la quantité de nourriture dont il a besoin», explique Véronique A. Pelletier.
Lui apprendre à reconnaître les signaux de faim et de satiété. L'enfant arrive spontanément à reconnaître son niveau de satiété, même mieux que les adultes. De plus, son corps s'autorégule : s'il a mangé comme un oiseau la veille, il mangera mieux le lendemain. Comme il traverse des pics de croissance et d'activités, il est parfaitement normal que son appétit varie d'un jour à l'autre. Il faut donc lui faire confiance et ne pas venir bouleverser ces habiletés naturelles, par exemple, en le forçant à manger, ou en prenant l'habitude de regarder la télévision à table, chose qui «brouille» le signal de satiété envoyé par son corps. «Mieux vaut s'en tenir à quelques règles simples : manger à table, en famille, et sans aucune autre distraction que la discussion et le plaisir d'être ensemble !», conseille la spécialiste.
Bouger avec son enfant, en lui fournissant l'occasion de faire de l'activité physique quotidiennement. Le Guide d'activité physique canadien recommande aux adultes d'accumuler de 30 à 60 minutes d'activités physiques modérées chaque jour, mais aux enfants, 90 minutes par jour. «Bien sûr, il n'est pas nécessaire de faire toutes ces activités au même moment. Et cela n'a pas non plus besoin d'être une activité structurée», ajoute Dre Pelletier. Avant six ans, amener l'enfant se défouler dans un parc, courir ou patiner, suffit amplement. Si vous êtes un parent seul ou très occupé, vous pouvez essayer de vous arranger avec un ami pour faire sortir les enfants à tour de rôle. Enfin, n'oubliez pas, là encore, que le parent sert de modèle ! C'est donc le moment d'adopter un mode de vie actif pour toute la famille, en utilisant la marche ou le vélo pour vos déplacements.
Limiter le temps associé à des activités où l'enfant bouge peu : télé, jeux vidéos. La Société américaine de pédiatrie recommande de limiter ces activités passives à deux heures par jour. Mais au Québec, les pédiatres s'entendent sur un nombre encore plus limité. «On peut se fixer comme objectif une demi-heure par jour en semaine, et une heure en fin de semaine. Le reste du temps, privilégier les jeux actifs », suggère la pédiatre.
L'aider à grandir et à s'aimer dans un corps qui lui est propre. L'estime de soi d'un enfant est fragile. Si vous êtes trop préoccupé par son poids et prenez des mesures strictes, cela contribuera à ce qu'il ait une mauvaise image de lui-même. Il est plus sain de l'accepter tel qu'il est : il a besoin de recevoir un amour inconditionnel de votre part.
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