Le blogue des parents francophones

jeudi 13 octobre 2011

Mon enfant bouge trop !

Par Marie Charbonniaud

L'hyperactivité, c'est quoi

Les comportements agités seraient soit d'origine neurologique, soit psychologique ou encore socioaffective. Le vrai «trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité» (TDAH), maladie d'origine neurologique, toucherait moins de 5 % des enfants. «Il réunit des critères précis et fait intervenir plusieurs évaluateurs», explique Jean Gervais.

L'immense majorité des enfants dits «hyperactif» débordent simplement d'énergie. Pour d'autres, c'est une façon d'exprimer un malaise. «Dans les mêmes circonstances, d'autres déprimeraient, mais ces enfants-là s'agitent. Ils attirent l'attention de toutes les façons possibles : en ne restant pas en place, en brisant les objets, en oubliant tout le temps quelque chose. En réalité, ils veulent simplement dire qu'ils sont souffrants», écrit le pédiatre Gilles Julien dans son ouvrage. Deux écoles de pensée s'affrontent depuis longtemps sur la question. Pour en savoir plus, voir les ressources en fin d'article. 

Quand s'inquiéter

Remuer sans arrêt, être incapable de rester assis, courir et grimper partout, avoir de la difficulté à attendre son tour, couper la parole : voilà quelques-uns des symptômes de l'enfant atteint d'un déficit de l'attention avec hyperactivité. Or, ces traits caractérisent aussi de très nombreux tout petits ! Il est donc difficile de poser un diagnostic sûr d'hyperactivité avant l'entrée scolaire de votre enfant, reconnaissent les spécialistes. Il est nécessaire de consulter quand l'agitation de l'enfant est omniprésente, perturbe ses échanges et ses acquisitions, et rend impossible la vie familiale. (Voir l'encadré : Quand consulter)

Que faire

  • Demander de l'aide, en évitant «d'étiqueter» votre tout-petit. Il ne faut pas sauter trop rapidement aux conclusions si l'on apprend que son enfant a parfois été agité en milieu de garde. Si vous avez un doute sérieux, la première chose à faire est d'en parler avec un pédiatre ou un psychologue. «Si le trouble est confirmé, l'idéal sera d'être pris en charge par un milieu hospitalier qui dispose d'une clinique dédiée à ce trouble, avec une équipe multidisciplinaire», conseille Geneviève Pelletier, psychoéducatrice au sein de la commission scolaire de Montréal.
  • Entamer un processus d'évaluation sérieux avant d'envisager de débuter une médication. La médication est une solution en cas de TDAH d'origine neurologique. Mais l'enfant a surtout besoin de stratégies qui l'aideront à s'organiser, se concentrer, diminuer les excitants présents dans son environnement, etc. «Le médicament viendra éventuellement en appui à cette approche, pour apaiser l'enfant et faciliter le développement des habiletés parentales», explique Geneviève Pelletier.
  • Travailler sur le comportement de l'enfant, pas seulement sur son environnement. Face à un enfant hyperactif, on peut être tenté de multiplier les aménagements familiaux : installer une télévision dans sa chambre, le faire manger avant les autres, faire étudier le grand frère ailleurs. «Mais cela ne l'amènera pas à se prendre en charge et à changer. Cela risque d'exagérer son sentiment de toute puissance et d'accentuer son sentiment d'isolement», prévient la psychologue Emmanuelle Rigon, auteure de Turbulent, agité, hyperactif : Vivre avec un enfant tornade.

Prévenir

  • Limiter le cercle «agitation – punition – surveillance». Bien souvent, des parents en arrivent au paradoxe que le plus contrôlé de leurs enfants est celui qui a le plus besoin de bouger ! Mieux vaut alors privilégier une discipline «explicative» plutôt que punitive, en étant vous-même calme, cohérent et constant.
  • Augmenter son estime de soi. Son comportement ne peut que se renforcer s'il est davantage félicité, approuvé dans ses actes et remercié pour sa bonne attitude.
  • Canaliser son énergie débordante dans des activités : sport encadré, activités créatives, jeux en groupe ou jeux de société…
  • Réduire les stimuli de son environnement, notamment la télévision et les jeux bruyants. Privilégier les activités calmes.

Témoignage : Catherine Fillion, maman d'Antoine, diagnostiqué «hyperactif» à cinq ans.

«Tout petit, Antoine présentait des signes d'hyperactivité. Il était impulsif, agité et distrait. J'étais jeune et je pensais qu'il était normal de répéter 30 fois la même consigne. À la garderie, le milieu, assez souple, s'adaptait. C'est à l'entrée à la maternelle, quand les consignes sont devenues plus rigides, que son hyperactivité a posé problème. Il était incapable de se concentrer pour apprendre : il était toujours dérangé par un stimulus extérieur (un stylo qui tombe, un enfant qui parle, etc.). Il disait tout ce qui lui passait par la tête à voix haute, il n'arrivait pas à faire ses siestes... Et comme il perturbait toujours le travail et les jeux des autres, il était exclu des groupes. Nous avons alors entrepris une démarche avec la psychoéducatrice de l'école et, parallèlement, j'ai consulté un psychologue pendant près d'un an. J'ai essayé des traitements naturels, l'ai inscrit à des activités physiques, etc. Mais l'hyperactivité est restée et j'ai été référée à un pédiatre spécialisé du CHU Sainte-Justine. Un processus d'évaluation a confirmé le diagnostic d'un déficit d'attention, avec hyperactivité et impulsivité. Je me suis inscrite dans les groupes d'entraide (voir Ressources p. 23) ce qui m'a beaucoup aidé à vaincre ma culpabilité, à accepter le diagnostic, puis la médication. Le traitement est fait de plusieurs essais, puis adapté à l'enfant. Antoine a aujourd'hui huit ans et tout est rentré dans l'ordre.»

Quand consulter ? Cinq critères à vérifier

  • La durée du comportement : plus de trois à six mois.
  • Sa fréquence : plusieurs fois par jour ou plusieurs crises par semaine.
  • Sa constance : cela lui arrive à plusieurs endroits, avec plusieurs intervenants.
  • Son intensité : cela a des conséquences pour l'enfant et son environnement.
  • L'impact sur sa vie : cela affecte son estime de soi, ses résultats scolaires.

Source : Geneviève Pelletier, psychoéducatrice auprès de la commission scolaire de Montréal.



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