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Le blogue des parents francophones
jeudi 14 juin 2012
Par Marie Charbonniaud
Nicole Reeves, psychologue au Centre des naissances du CHUM (Montréal), nous aide à identifier cette dépression, qui concerne près d’une femme sur cinq.
Symptômes
Les symptômes ressemblent à ceux du baby-blues : troubles de l’appétit, troubles du sommeil, fatigue, tristesse, anxiété et culpabilité. Mais contrairement au baby-blues, qui dure trois à sept jours, la dépression postnatale (ou post-partum) dure un an ou plus. Elle se caractérise par un grand sentiment de culpabilité, d’incompétence et d’inquiétude. Le sommeil, le repas, les pleurs : tout devient motif à s’inquiéter. S’ensuit parfois un désintérêt pour l’enfant et une difficulté à s’attacher.
Causes
- Les aspects hormonaux et biologiques. Après l’accouchement, la chute très importante du taux d’oestrogène et de progestérone entraîne des symptômes dépressifs.
- Le manque de sommeil. Cela joue aussi sur la chimie du cerveau et favorise la dépression.
- Les conflits latents avec sa propre mère, jusqu’ici tenus en veilleuse. Le fait de devenir mère vient les réactiver brutalement. On ne veut pas lui ressembler, mais on a l’impression malgré tout de lui ressembler. Chaque pleur du bébé est interprété comme le message qu’on est une mauvaise mère, nous aussi.
- Le conflit entre «activité» et «passivité». Devenir mère, c’est se couler au rythme du bébé : dormir plus, sortir moins, jouer avec lui, etc. Cela entre en conflit avec le rythme de vie active que l’on avait jusque là.
- Les attentes par rapport à la maternité et le décalage entre l’enfant rêvé et l’enfant réel. Si le bébé a été souhaité pour remplir un vide, un sentiment d’échec, combler la solitude ou satisfaire une faible estime de soi, la réalité va être brutale ! Lorsque les attentes sont démesurées, chaque pleur risque d’être interprété comme le message que notre comportement est inadéquat.
Solutions
Il n’y en a qu’une : consulter un médecin ou un psychologue. Trop souvent, la maman est prise dans un tourbillon d’activités et d’émotions et ne pense pas à consulter. Elle se sent coupable d’éprouver ces sentiments, à un moment qui devrait en être un de grande joie, et refuse d’en parler. Vous pouvez vous rendre au CLSC, pour être dirigée, ou consulter directement un médecin ou un psychologue. La psychothérapie peut aider à déculpabiliser, à calmer et à dédramatiser.
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