Les francophones défavorisés en sciences: qui cherchera des solutions?

Winnipeg – La Commission nationale des parents francophones (CNPF) invite les ministères de l’éducation à travailler étroitement avec les conseils scolaires, les regroupements de parents, d’enseignants et de jeunes de la francophonie afin d’analyser les résultats du Programme des indicateurs de rendement scolaire (PIRS) et de trouver des remèdes aux résultats inférieurs des élèves francophones en sciences. Les évaluations du rendement (1999) en sciences des élèves de 13 et de 16 ans de tout le pays, rendues publiques le 2 juin par le Conseil des ministres de l’éducation (Canada), montrent que les jeunes francophones ont obtenu des résultats inférieurs à la moyenne nationale tant dans l’épreuve écrite que dans l’épreuve pratique. On note toutefois une amélioration générale depuis 1996. Les meilleurs rendements chez les francophones ont été enregistrés chez les jeunes de 16 ans de la Nouvelle-Écosse, où certains résultats sont supérieurs à la moyenne nationale. Par exemple, 38,1 % des élèves ont atteint le niveau 4, alors que la moyenne chez les anglophones de cette province se chiffrait à 31,5 % et la moyenne nationale à 29,5 %. « Le redressement du rendement des élèves francophones en matière de sciences est certainement un travail à long terme, souligne la présidente Annette Labelle. Car il y a des défis particuliers au niveau des attitudes face aux sciences. Il ne faudrait pas que les ministères envisagent de faire à huis clos une analyse et une recherche de solutions: le défi est global. » Par exemple, le personnel enseignant compte moins de détenteurs de maîtrises en sciences chez les anglophones que chez les francophones. Pour leur part, les jeunes francophones sont moins nombreux que leurs vis à vis anglophones à s’intéresser à des études universitaires; de plus, ils sous-estiment l’importance de l’enseignement des sciences. Par contre, les jeunes francophones accordent une importance nettement supérieure à l’idée de bien réussir à l’école, ainsi qu’à l’idée de bien réussir en sciences. Les tests du CMEC indiquent clairement une différence entre les écoles françaises et anglaises quant à l’état des bâtiments et des salles de classe, des laboratoires et de l’équipement scientifique, ainsi que des ressources pédagogiques. Par exemple, le matériel audio-visuel, les livres et revues scientifiques, ainsi que les outils technologiques en français sont moins disponibles. « L’état des ressources physiques et matérielles n’explique pas à lui seul le retard des jeunes francophones, avance Annette Labelle, mais il donne une direction à la recherche de solutions. Pour assurer l’égalité des chances, il est absolument nécessaire que les édifices et les équipements soient à la hauteur. Comment les provinces peuvent-elles justifier de tels écarts? « Côté programmes, avance la présidente, ne pourrait-ton pas songer en priorité à un programme enrichi de sciences propre aux francophones et qui tiendrait compte de la pénurie de ressources? La CNPF soutient qu’il faut bannir les programmes traduits de l’anglais, qui constituent encore la norme dans bien des juridictions. Il est essentiel que nos jeunes trouvent des références à leur milieu quotidien dans tout le matériel mis à leur disposition. » La CNPF déplore que l’étude du rendement les élèves francophones soit limitée à quatre provinces du milieu minoritaire: le Manitoba, l’Ontario, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse. « Il y a des francophones dans toutes les provinces et territoires, rappelle Annette Labelle. C’est vrai que les nombres sont moins importants, surtout au secondaire, mais les faibles taux de rétention des élèves s’expliquent justement du fait du manque de ressources. Dans le fond, cela est un indicateur d’un défi d’un autre ordre: l’insuffisance du système en place pour remédier à l’érosion des communautés francophones. » La CNPF est prête à travailler avec le CMEC et ses partenaires en éducation dans l’analyse et la recherche de solutions aux défis posés par l’évaluation des rendements en sciences. La CNPF regroupe des organismes membres dans 11 provinces et territoires. Sa mission est de promouvoir l’établissement d’un milieu familial et éducatif favorisant le plein épanouissement des familles francophones du Canada.

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Source : Murielle Gagné-Ouellette, directrice générale: (204) 231-1371 ou 795-1504.