Étude sur la reconnaissance des diplômes francophones internationaux en petite enfance pour travailler en contexte minoritaire au Canada

Cette section présente des recommandations stratégiques et opérationnelles visant à améliorer la reconnaissance des diplômes étrangers en EPE au Canada. Ces recommandations s’adressent aux principaux acteurs du système – gouvernements, ordres professionnels, établissements de formation, candidates et candidats formés à l’international, ainsi qu’aux partenaires communautaires et employeurs – dans une logique de cohérence, d’efficacité et d’équité des parcours d’intégration professionnelle.

Note sur les mesures existantes

Certaines des recommandations présentées dans cette section s’appuient sur des initiatives, politiques et mécanismes déjà en place dans plusieurs provinces et territoires. Toutefois, leur niveau de déploiement, leur portée et leur accessibilité varient considérablement selon l’autorité. Les recommandations proposées visent donc à consolider, harmoniser et renforcer les pratiques existantes; à favoriser leur mise à l’échelle pancanadienne; et à combler les écarts observés en matière de délais, de transparence et d’équité des parcours de reconnaissance et de mobilité professionnelle.

6.1 Pour les gouvernements et ordres professionnels

Harmonisation et transparence des processus

  • laborer un cadre de référence pancanadien décrivant les compétences clés attendues des éducatrices et éducateurs de la petite enfance, tout en respectant les compétences provinciales et territoriales;
  • Publier des guides clairs et accessibles présentant les étapes, délais, coûts et exigences documentaires pour chaque province et territoire;
  • Mettre à disposition des outils de suivi en ligne permettant aux candidates et candidats de suivre l’évolution de leur demande de reconnaissance.

Réduction des délais et des obstacles administratifs

  • Mettre en place des mécanismes de préévaluation des diplômes à l’international, avant l’arrivée au Canada, en collaboration avec des organismes d’évaluation reconnus;
  • Développer des voies accélérées pour les profils provenant de pays ou de systèmes éducatifs déjà bien documentés;
  • Simplifier les exigences de traduction et d’authentification des documents lorsque des ententes bilatérales existent.

Facilitation de la mobilité interprovinciale et territoriale

  • Encourager la conclusion d’ententes de reconnaissance mutuelle entre provinces et territoires afin de permettre aux éducatrices et éducateurs de la petite enfance reconnus par une autorité de faire reconnaître leur statut plus rapidement ailleurs au Canada;
  • Mettre en œuvre des mécanismes inspirés du principe de la mobilité de la main-d’œuvre prévu par l’Accord de libre-échange canadien en adaptant ces mécanismes aux réalités règlementaires du secteur de la petite enfance;
  • Développer un registre national sécurisé de la qualification professionnelle et des statuts professionnels en EPE, accessible aux autorités provinciales et territoriales, afin de réduire la duplication des démarches lors des changements de province ou territoire;
  • Harmoniser, dans la mesure du possible, les exigences linguistiques, de formation continue et de vérification des antécédents pour faciliter les transitions professionnelles interjuridictionnelles.

6.2 Pour les établissements de formation au Canada

Développement de parcours de mise à niveau

  • Créer des programmes passerelles modulaires adaptés aux profils internationaux, combinant formation théorique, pratiques supervisées et reconnaissance des acquis et des compétences (RAC);
  • Offrir des options de formation flexibles (temps partiel, en ligne, hybride) afin de concilier études, emploi et responsabilités familiales.

Alignement avec les exigences provinciales

  • Travailler en étroite collaboration avec les ordres professionnels et ministères provinciaux/territoriaux pour assurer l’alignement des contenus pédagogiques sur les cadres de compétences locaux;
  • Intégrer des modules obligatoires sur les cadres règlementaires canadiens, sur la protection de l’enfance, sur l’inclusion et sur les réalités interculturelles en milieu éducatif.

Soutien linguistique et scolaire

  • Proposer des cours de français et/ou d’anglais spécialisés pour le secteur de la petite enfance;
  • Mettre en place des services de mentorat scolaire et professionnel pour les personnes formées à l’international.

6.3 Pour les personnes formées à l’étranger

Les recommandations suivantes pourraient être transmises par les recruteurs afin de faciliter le processus de RAC.

Préparation en amont de l’arrivée au Canada

  • Rassembler et faire traduire les documents scolaires et professionnels avant le départ (diplômes, relevés de notes, descriptions de cours, attestations d’emploi);
  • S’informer sur les exigences spécifiques de la province ou du territoire de destination en matière de reconnaissance et d’inscription professionnelle.

Développement des compétences transversales

  • Renforcer les compétences linguistiques, en particulier le vocabulaire professionnel lié à l’EPE;
  • Se familiariser avec les normes canadiennes en matière de pratiques pédagogiques, de communication avec les familles et de travail en équipe ainsi que sur les normes de civilité au travail au Canada.

Mobilisation des réseaux de soutien

  • S’appuyer sur les organismes communautaires francophones pour obtenir de l’accompagnement personnalisé;
  • Participer à des programmes de mentorat ou de jumelage professionnel afin de faciliter l’intégration au marché du travail.

6.4 Pour les partenaires communautaires et employeurs

Renforcement des mécanismes d’accueil et d’intégration

  • Renforcer les capacités des gestionnaires et des directions des services de garde en matière d’accueil et d’intégration du personnel;
  • Mettre en place des programmes d’accueil structurés pour les recrues formées à l’international, incluant des séances d’orientation sur le milieu de travail et sur les normes professionnelles;
  • Désigner des mentors internes pour accompagner les éducatrices et éducateurs dans leurs premiers mois d’emploi.

Collaboration avec les établissements et les gouvernements

  • Participer à la coconstruction de programmes passerelles et de stages rémunérés;
  • Partager les besoins sectoriels et régionaux afin d’orienter les priorités de formation et de reconnaissance.

Valorisation de la diversité des compétences

  • Reconnaître et promouvoir les compétences interculturelles et multilingues comme des atouts pour les services à la petite enfance;
  • Sensibiliser les équipes à l’inclusion et à la diversité afin de favoriser des environnements de travail respectueux et équitables.